Parfois il vous arrive un petit truc de rien du tout et ce petit truc de rien du tout peut finalement provoquer des bouleversements ou des tsunamis dans votre vie. Edward Lorenz, un météorologue américain l’a appelé l’Effet Papillon. (je vous en dirai davantage sur ça à la fin de l’article)

Il m’est arrivé beaucoup de choses extraordinaires dans ma vie, des choses agréables et d’autres moins mais la plupart ont découlé d’un événement apparemment sans importance qui a décidé de ma vie entière. 

 

À cause du clou, le fer fut perdu

À cause du fer, le cheval fut perdu.

À cause du cheval, le cavalier fut perdu.

À cause du cavalier, la bataille fut perdue.

À cause de la bataille, la guerre fut perdue.

À cause de la guerre, la liberté fut perdue.

Tout cela pour un simple clou

Benjamin Franklin

 

Vous allez donc découvrir dans cet article comment une simple phrase a déclenché une série de hasards, coïncidences et de synchronicités qui m’ont amenée dans le pays que j’habite aujourd’hui : LE PORTUGAL

 

Cet article participe à l’évènement «Histoires Extraordinaires»organisé par Danièle Galicia du blog «Forme et bien-être »

PREMIER ACTE

Nous sommes en 1965 à quelques jours de Noël, j’ai 21 ans et vais me fiancer deux jours plus tard avec un garçon qui voyage beaucoup et qui arrive de Lisbonne et que je vais chercher à l’aéroport d’Orly

21 DECEMBRE 1965 ORLY

L’avion doit arriver à 12h30 mais une tempête au-dessus de la Péninsule Ibérique l’annonce avec un retard « indéterminé »

Cette histoire se passe il y a 48 ans, Orly est flambant neuf, Bécaud en a fait une chanson et le dimanche la grande attraction est d’aller voir les avions … à Orly

 

Un autre monde, une autre époque … Je crois qu’il n’y avait qu’une chaîne TV et en noir et blanc et les jeunes, pour la plupart, étaient tout de même plus naïfs que ceux d’aujourd’hui (ça fait ancien combattant mais c’est quand même une réalité) 

Pour moi les avions arrivaient à l’heure comme les trains (oui à l’époque les trains étaient à l’heure, … si si je vous assure mais je vous le dis que c’était à une autre époque … )

Je n’avais jamais imaginé un seul instant que les avions puissent arriver en retard !

Ah quelle innocence Seigneur !

Peu de gens voyageaient dans ces années-là, les loisirs n’avaient pas la place qu’ils occupent aujourd’hui et aller à Orly c’était vraiment quelque chose.

Après un sandwich rapidement expédié sur le coup de midi, il ne me restait que quelques francs car j’avais la sale habitude, à l’époque, de ne jamais prendre assez d’argent sur moi.

À 18h , je n’en peu plus,  j’ai une faim de loup mais ne peux rien manger sinon plus de sous pour  appeler ma belle-mère (future)

Que faire,  que faire ? C’est cornélien ! 

Ouf ! Sauvée par le gong, non pardon, par les hauts parleurs qui annoncent un vol en provenance de Lisbonne

Sauvée, tout s’arrange , tout est bien qui finit bien !

 

DEUXIÈME ACTE 

L’EFFET PAPILLON ENTRE EN SCÈNE

Je me précipite à l’arrivée, des passagers sont en train de sortir , le flot commence à se tarir, pas de P.Y. . . catastrophe, zut zut zut !

J’ai envie de repartir mais comment rentrer sur Paris, je n’ai plus assez d’argent … C’est vraiment panique à bord, je me vois seule dans cet aérogare, sans argent et avec l’estomac dans les talons en prime

Quelques passagers sortent encore et toujours pas de P.Y. Alors je demande à un monsieur qui se trouve de l’autre côté de la barrière : 

« Pardon Monsieur c’est l’avion de Lisbonne ? »

cette simple phrase, anodine, venait d’engager mon avenir de façon définitive,  je venais sans le savoir de sceller mon destin mais je ne le savais pas encore

l'effet papillon

l’effet papillon

 

Et le monsieur de répondre : « Oui, Mademoiselle, j’attends mes associés et en principe ils arrivent dans l’avion d’après »

Seigneur, l’avion d’après ? Punaise , un autre avion, comment ça un autre avion pensais-je ?

« Merci Monsieur » et je tourne le dos à cette aimable personne et là plus moyen de tergiverser, allez ma fille tu vas téléphoner à ta belle-mère.

Aussitôt dit aussitôt fait. Ma belle-mère, adorable, me dit : »pas de panique, si tu veux attends l’autre avion, si P.Y. n’est pas dedans, je me mets dans un taxi et je viens te chercher, mais si tu préfères j’arrive tout de suite ».

Qu’est-ce qui m’a poussée à attendre l’autre avion qui arrivait beaucoup plus tard ? Je n’en sais rien mais le Seigneur Destin était en marche.

 

Rassurée, je sors de la cabine et vois le monsieur de tout à l’heure venir vers moi et me demander « puis-je vous offrir quelque chose Mademoiselle » et moi de le regarder avec un air courroucé et outragé du type : « je ne suis pas celle que vous croyez »

Devant ma mine « offusquée » de péronnelle, le monsieur éclate de rire en me disant qu’avec tout ce monde autour de nous, il n’y a vraiment aucun danger et j’éclate de rire à mon tour

Bref je vous la fait courte, cet homme d’affaires portugais de trente huit ans (je l’ai su après) A. m’invite à dîner (pourquoi ai-je accepté probablement parce que la personne m’inspirait confiance mais j’étais d’un naturel tellement timide alors pourquoi ai-je accepté ?  mystère)

Et nous parlons pendant 3 heures à batons rompus comme deux vieux amis.

Nous avons passé passé vraiment un bon moment dans la joie et la bonne humeur et c’était la première fois qu’une telle aventure m’arrivait.

Quand l’avion arrive P.Y est dedans (enfin!  cela faisait 11 heures que j’étais à Orly) et A. nous invite à venir passer notre lune de miel dans un de ses hôtels au Portugal (le mariage était prévu le 20 juin de l’année suivante et curieusement j’allais divorcer un 20 juin beaucoup d’années plus tard – curieuse date dans ma vie) .

Bien sûr ravis par cette invitation inattendue, nous acceptons et échangeons nos cartes de visite

Fin du deuxième acte avec la rupture de mes fiançailles et l’annulation de mon mariage 2 mois avant la cérémonie

 

TROISIÈME ACTE

COMMENT LA PHRASE « ANODINE » DÉCLENCHE UNE SÉRIE DE COÏNCIDENCES ET SYNCHRONICITÉS

Septembre 1966

Mon père est gravement malade (maladie de Crohn foudroyante), je dois «gérer» la librairie de mes parents et leurs employés, la maladie de mon père, éviter l’effondrement de ma mère, les allers et retours journaliers à l’hôpital , etc…

Je dors quatre heures par nuit, 7 jours/7. Crevée, lessivée bien sûr je ne sors jamais, j’ai 22 ans, des responsabilité écrasantes et la peur au ventre de voir mon père mourir

Un jour je reçois un appel d’un monsieur habitant Lisbonne qui semble me connaître, m’invite à dîner le lendemain et me donne RV au Grand Hôtel à l’Opéra.

Mais qui est cet homme ? Pourquoi me téléphone-t-il ? Où l’ai-je connu ? Je suis en plein dans le cirage et refuse tout de go.

Ma mère me pousse à sortir pour me changer les idées mais je suis dans le noir absolu quant à la personne que je vais voir ce soir-là pensant qu’il s’agit probablement une personne rencontrée lors de mon premier voyage au Portugal en 1964 .

Le lendemain, quand je vois descendre la personne, c’était …  vous l’avez deviné LE MONSIEUR D’ORLY.

Pourquoi après si longtemps m’avoir contactée ? Pourquoi moi (il n’était pas en panne de compagnie ça c’était sûr) ? Pourquoi maintenant ?

Pourquoi moi d’un naturel si timide me suis-je laissée convaincre d’aller dîner avec quelqu’un dont je n’avais aucun souvenir alors que je n’aspirais qu’à rester tranquillement à la maison ?

 

« Dieu écrit droit avec des lignes tordues » dit un adage portugais, donc je pense que là-haut quelqu’un tirait les ficelles mais je ne l’ai su que plus tard, beaucoup plus tard.

Pour vous résumer l’affaire, je vous dirais que A. a pris l’habitude de prendre l’avion de plus en plus souvent pour voir « ses associés » et après quelque temps nous sommes tombés fous amoureux l’un de l’autre et nous avons vécu une grande et belle passion

TROISIÈME ACTE

QUAND MON DESTIN SE PRÉCISE

Après la vente de la librairie de mes parents et le retour de mon père chez nous, je pars en vacances au Portugal avec une amie « pour me requinquer »

Je suis tombée amoureuse de ce pays et de ses habitants et pour des raisons diverses, je ne voulais plus quitter le Portugal mais ne sentais plus la même passion pour A. qui lui, sentait que je lui échappais .

Une série de coincidences m'emmènent à Lisbonne

Une série de coincidences m’emmènent à Lisbonne

Nous visitions Lisbonne et ses environs la journée et restions sagement à l’hôtel le soir quand nous n’avions pas de dîner avec A.


Un jour un type complètement saoul enfonce ma mini à l’arrêt et au cours de nos pérégrinations au garage me parle PAR HASARD d’une boîte très à la mode le POP.

Ma copine saute de joie,  elle commençait à s’ennuyer la pauvrette mais moi je déteste danser en général et les boîtes en particulier.

 

ÉPILOGUE ET FIN DE LA PIÈCE

Pourtant, un soir nous voilà parties et là, petit problème, les femmes seules ne peuvent entrer qu’avec des accompagnants masculins.

Chic, pensais-je aussitôt, nous allons rentrer à l’hôtel.

Pas du tout nous dit le portier dans son meilleur français, je vais trouver quelqu’un qui va vous faire entrer et nous voilà installées confortablement dans de magnifiques fauteuils.

Une heure plus tard, un beau brun apparemment bien connu du portier s’adresse à nous dans un français impeccable : »Vous êtes françaises Mesdemoiselles »,

Je venais d’entendre la première phrase (anodine elle aussi) du futur père de mes enfants mais ça je ne le savais pas encore

 

CONCLUSION

N’est-ce pas extraordinaire comme histoire ?

Une phrase « anodine » posée à un parfait inconnu et une série de « hasards, coïncidences et synchronicités » m’ont gentiment « menée » vers celui qui allait devenir mon mari et le père de mes enfants

C’est à cause de cette phrase « anodine » que j’ai passé 17 ans de ma vie mariée (avec le beau brun) au Portugal

C’est à cause de cette phrase « anodine » que j’ai rencontré la plupart de mes amis d’aujourd’hui

C’est à cause de cette phrase « anodine » que je suis en ce moment en train de voir le Tage pendant que je finis cet article puisque je suis revenue vivre à Lisbonne auprès de mes enfants

Et souvent,  je me demande quelle aurait été ma vie si ce matin de décembre 1965, j’avais pris suffisamment d’argent sur moi et sûrement car j’aurais repris le bus pour Paris plutôt que d’attendre ces longues heures à Orly

Et souvent, je me demande quelle aurait été ma vie si ce soir de décembre 1965, je m’étais adressée à quelqu’un d’autre que ce monsieur de l’autre côté de la barrière

Qui sait ?

 

Et vous, est-ce que votre vie s’est trouvé chamboulée ou transformée par une rencontre ou un événement ?

Pensez à votre vie, y a-t -il eu des hasards, coïncidences ou synchronicités qui ont influé sur votre vie ? 

 

Souvent un petit truc de rien du tour peut avoir des répercussions inimaginables c’est ce qu’on appelle l’EFFET PAPILLON et la meilleure explication que j’en ai trouvé vient de l’article ci-dessous

L’EFFET PAPILLON

Un battement d’aile de papillon à Paris peut provoquer quelques semaines plus tard une tempête sur New-York. Cette image décrit l’effet papillon tel qu’il a été mis en évidence par le météorologue Edward Lorenz.

Il a découvert que dans les systèmes météorologiques, une infime variation d’un élément peut s’amplifier progressivement, jusqu’à provoquer des changements énormes au bout d’un certain temps.

Cette notion ne concerne pas seulement la météo, elle a été étudiée dans différents domaines. Si on l’applique aux sociétés humaines, cela voudrait dire que des changements de comportement qui semblent insignifiants au départ peuvent déclencher des bouleversements à grande échelle.

Les scientifiques qui analysent l’évolution de nos sociétés estiment que dans le futur, les transformations sociales seront de plus en plus liés à quelques actions individuelles plutôt qu’à des phénomènes de masse. Ceci parce que deux conditions essentielles à l’émergence de l’effet papillon sont à présent réunies.

D’une part, la circulation de l’information est devenue toujours plus rapide et plus dense entre les différents acteurs de la société et les diverses parties du monde. Ceci fait que des événements auparavant isolés, peuvent maintenant être reliés très rapidement. Ce qui favorise la transmission et l’amplification des changements.

  • D’autre part, à l’aube du troisième millénaire, les sociétés humaines sont manifestement arrivées à un point de bifurcation. Nous sommes dans une période de redéfinition complète des normes et des valeurs en matière de travail, d’économie, mais aussi de vie sociale et de rapports entre Etats. Dans ce type de situation, une infime modification peut tout faire basculer. 

 

La semaine prochaine :

Stéphane Allix présente LE MYSTÈRE DES GUÉRISSEURS

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